23/04/2020
vbeudet

HEURTS DANS CERTAINS QUARTIERS

Un tremblement à Villeneure-la-Garenne, des répliques dans plusieurs agglomérations

Intervention de Serge Haure quant aux heurts de ces dernières nuits.

Article de BANQUE des TERRITOIRES

Des forces de l’ordre amoindries

En outre, l’épidémie de corona virus rendrait d’autant plus difficile l’intervention des forces de l’ordre, particulièrement exposées. « C’est pour elles une période de stress immense », souligne Serge Haure. « Elles doivent faire face, en plus du reste – l’ostracisation, les menaces classiques à leur intégrité… – à un ennemi invisible, avec la peur de le rapporter dans leur foyer, et ce alors qu’elles reçoivent le matériel de protection au compte-gouttes ». Le syndicaliste fait ainsi état « d’une colère forte des troupes à l’encontre des institutions qui ne sont pas capables de les protéger », colère exacerbée selon lui par le manque de transparence sur l’utilité des masques. « On aurait tout à fait compris si le gouvernement nous avait dit qu’il avait à gérer une pénurie de masques, dont il n’est d’ailleurs pas comptable », explique ainsi le syndicaliste.

Des forces de l’ordre par ailleurs aux effectifs amoindris, par la contamination ou le confinement, comme l’a d’ailleurs relevé le ministre de l’Intérieur lui-même. « Presque tout le service (de police municipale) de Pierrefitte-sur-Seine a été contaminé », prend ainsi exemple Serge Haure, ville où il a été « au départ très compliqué de faire respecter le confinement ». Pourtant, « il faut que l’État reprenne les choses en main », enjoint-il. « On ne peut laisser une minorité confisquer ainsi l’État de droit à la majorité qui vit dans ces quartiers. Mais pour l’heure, ce sont les villes qui prennent des arrêtés couvre-feu, pas les préfets », souligne Serge Haure, déplorant que le secrétaire d’État Laurent Nunez ait déclaré que le respect du confinement dans les banlieues « n’était pas une priorité ».

Article à lire ici: https://www.banquedesterritoires.fr/climat-de-tension-dans-de-nombreuses-banlieues-franciliennes